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Banlieues numériques : le numérique, une chance pour les jeunes des quartiers populaires

Banlieues numériques, le 21 novembre 2013
A l'occasion de "Banlieues numériques" le 21 novembre 2013, sous le haut patronage de M. François Hollande, Président de la République, et en partenariat avec L'Institut Montaigne et Syntec Numérique, Olivier Lepick, Président du FAFIEC et Guy Mamou-Mani, Président de Syntec Numérique, expliquent la mobilisation des entreprises du secteur et de la branche afin que le numérique soit une opportunité pour tous les jeunes.
Interview avec Olivier LEPICK, Président du FAFIEC et Guy Mamou-Mani, Président de Syntec Numérique 
 
 
Q : Le 21 novembre se tiendra "banlieues numériques", le 1er forum national des banlieues actives, créatives et innovantes, auquel Syntec Numérique s'est associé. Les métiers numérique peuvent ils intéresser les jeunes des quartiers populaires ? 
 
Guy Mamou-Mani : Pour nos entreprises, en matière de recrutement, il y a un problème d'adéquation entre l'offre et la demande : dans les deux cas, ce ne sont pas les mêmes profils. On connait naturellement le poids du secteur du numérique dans le recrutement des ingénieurs jeunes diplômés, soit 2 jeunes diplômés sur 3. Mais il existe une offre qui se structure avec des métiers émergents, comme ceux du Web ou encore comme les métiers du test logiciel qui ont vocation à accueillir des profils de bac à bac +3. 
 
Le secteur du numérique constitue un modèle d’accueil de la diversité des parcours et des formations car il n’a pas de barrière culturelle ou sociale. Aujourd’hui, tous les jeunes utilisent le numérique avec passion, jeux vidéos, Internet ou en mobilité. Mais ils ignorent malheureusement que l’ère de l’Internet industriel, celui qui va connecter les objets, les organisations et les hommes, et insuffler du numérique dans tous les métiers, est une source d’opportunités professionnelles pour eux. Voilà pourquoi Syntec Numérique s'est associé à cette initiative de "Banlieues numériques". Le numérique est une chance pour les jeunes des quartiers populaires.
 
Olivier LEPICK : Même si nos besoins en recrutement restent majoritairement sur des profils à forte valeur ajoutée, niveau Bac +4 ou Bac +5, nos entreprises peinent toujours à recruter. C’est pourquoi les pratiques de recrutement du secteur évoluent et s'adaptent, afin de permettre l’intégration de jeunes en situation de reprise de parcours scolaire après un premier échec, notamment par le biais de l’alternance. 
 
En effet, nombre d’initiatives à destination de publics » décrocheurs » permettent aujourd’hui de suivre un cursus de formation en alternance débouchant sur un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation et l’octroi d’une certification de niveau Bac+2. Ce sont par exemple des cadres très adaptés à des métiers en forte tension, tels que celui de Développeur.
 
Mais le cadre législatif et réglementaire n’est pas toujours adapté à l’intégration de ces populations dans les entreprises.
 
Q : Quels principaux freins identifiez-vous justement pour le développement de ce type d’initiatives ?
 
Olivier Lepick, Président du FAFIECOlivier LEPICK : Ils sont avant tout financiers. En effet, les initiatives d’accompagnement et de certification des populations de décrocheurs sont des formules hybrides entre la formation initiale et la formation professionnelle, et ne permettent pas toujours le déclenchement du financement des formations par les OPCA. C’est un réel souci pour la pérennité des initiatives recensées, qui ont besoin de moyens pour continuer dans cette voie.
 
A titre d’exemple, une formation « Développeur » sur un cursus de 2 ans ne permet le recours à l’alternance que pour la 2ème année, la 1ère étant consacrée aux cours théoriques de manière intensive. Il convient donc pour les écoles oeuvrant dans ces champs d’être également très rigoureuses dans la sélection des candidats en insistant sur la clé de la réussite de ce type de dispositifs : la motivation et l’implication.
 
Guy MAMOU-MANI : les discussions qui commencent autour de la future loi de réforme de la formation professionnelle sont l'occasion pour le secteur de faire des propositions au Gouvernement et à la représentation nationale. Nous militons, à Syntec Numérique, pour faire en sorte qu'un cadre favorable puisse permettre à ses initiatives en direction des publics "décrocheurs" de raccrocher les offres d'emplois du secteur et donc de trouver des débouchés.
 
Q : Les décrocheurs ne sont pas tous des jeunes en situation d’échec scolaire. Y a-t-il d’autres solutions à envisager, notamment pour les demandeurs d’emploi ?
 
Guy Mamou-Mani : Absolument, et nous oeuvrons dans ce sens avec les partenaires sociaux de la branche. S’agissant des demandeurs d’emploi, la priorité doit être de leur permettre de pouvoir se former aux dernières évolutions technologiques, tout au long de leur carrière, de manière à rester en phase avec les besoins du secteur. Pour Syntec Numérique, il est important de permettre aux salariés du secteur de bénéficier d'un haut niveau constant d'employabilité. Une problématique commune à la plupart des entreprises de Syntec Numérique, quelles soient des ESN ou des éditeurs de logiciels, c'est l'existence d'un  phénomène de pénurie de ressources qui coexiste avec un chômage endémique dans la profession. 
 
Olivier LEPICK : Nous travaillons avec la Branche et notre OPCA, le FAFIEC, sur le développement du dispositif de Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE), et qui permet aux personnes inscrites à Pôle Emploi d’accéder à une formation préalable à un retour à l’embauche. C’est également un cadre potentiel de reconversion professionnelle pour les salariés issus d’autres branches professionnelles.
 
Notons également que les dotations du Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (FPSPP), auquel toute entreprise participe financièrement, sont prioritairement orientées vers les demandeurs d’emploi et les publics sans qualification professionnelle reconnue.
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